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RedeVeröffentlicht am 4. Juli 2026

Eröffnung der 33. Jahrestagung der Parlamentarischen Versammlung der OSZE

Den Haag, 04.07.2026 — Rede des amtierenden OSZE-Vorsitzenden, Bundesrat Ignazio Cassis, an der 33. Jahrestagung der Parlamentarischen Versammlung der OSZE. Die Rede wurde auf Französisch gehalten – Es gilt das gesprochene Wort

Mesdames et messieurs les membres de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

C’est une occasion unique et importante de m’adresser à vous en tant que Président en exercice de l’OSCE.

Avec la montée des tensions géopolitiques, les questions de sécurité et de défense du continent européen sont de plus en plus discutées au sein des Parlements nationaux.

En tant qu’élues et élus nationaux siégeant au sein de cette Assemblée, vous représentez les relais essentiels pour ces thèmes auprès de la population de vos Etats.

Ce « lien » parlementaire est capital alors que nous traversons une période de défiance croissante envers les institutions et les responsables politiques. Et que la sécurité européenne vit sa crise la plus profonde depuis la fin de la Guerre froide.

Où en sommes-nous ?

Mesdames et Messieurs,

La guerre menée par la Russie contre l’Ukraine fait rage depuis quatre ans.

La Suisse la condamne avec la plus grande fermeté ainsi que les souffrances qu’elle inflige au peuple ukrainien.

Nous réitérons également notre appel en faveur de la libération immédiate des trois collaborateurs de l’OSCE détenus par la Russie.

Cette guerre touche notre organisation au cœur.

Le consensus qui faisait notre force s’est érodé. Notre capacité d’action s’est réduite. Notre confiance a été profondément atteinte.

Aujourd’hui, à mi-parcours de notre présidence, cette rencontre nous offre l’occasion de nous poser une question simple :

Que peut encore apporter l’OSCE à la sécurité de notre continent ?

Pourquoi l’OSCE compte encore

L'histoire européenne nous l’a appris : les périodes les plus dangereuses ne sont pas celles où les désaccords existent.

Ce sont celles où les canaux de communication disparaissent.

C'est précisément pour cette raison que l'OSCE est indispensable.

  • Car qui réunit encore 57 États autour de la même table ?
  • Qui offre encore un espace où tous peuvent s’exprimer ?
  • Qui dispose encore d’instruments conçus pour renforcer la transparence et réduire les risques d’escalade ?

L’OSCE !

À celles et ceux qui doutent aujourd’hui de sa pertinence, je répondrai simplement :

Si la confrontation est de retour en Europe, alors la raison d’être de l’OSCE l’est également.

Présidence suisse 2026 : renforcer l’OSCE – ce que nous faisons

Mesdames et Messieurs,

Depuis le début de l’année, la présidence suisse travaille sans relâche pour réaffirmer le rôle de notre organisation et la faire reconnaître comme un acteur efficace, crédible et réactif.

Mais préserver l’OSCE ne consiste pas seulement à défendre sa raison d’être. Cela exige aussi un travail concret :

Tout d’abord, après plusieurs années de blocage, nous avons obtenu l’adoption du budget 2026. Ce résultat permet à notre organisation de fonctionner. Et d’assumer son mandat.

Il envoie aussi un signal important : même dans un contexte de confrontation, les 57 États participants sont capables de trouver un consensus. Et restent prêts à se réunir autour de notre table.

Deuxièmement, la présidence suisse poursuit un objectif central : faire en sorte que notre organisation soit prête lorsque les circonstances politiques permettront de nouveaux progrès vers la paix entre la Russie et l’Ukraine.

Dès le mois de février, je me suis rendu à Kiev ainsi qu’à Moscou avec le Secrétaire général Sinirlioğlu.

Je l’ai fait parce que la Suisse pense que le dialogue, même difficile, reste préférable à des monologues parallèles qui n’apportent ni confiance ni solutions.

Avec le Secrétaire général et les structures compétentes, nous préparons activement l’OSCE à assumer pleinement les responsabilités qui relèveront de son mandat lorsque les conditions politiques le permettront entre la Russie et l’Ukraine.

Nous ne savons pas quand ce moment viendra.

Mais nous savons qu’il serait irresponsable de l’attendre sans préparation.

Le jour où une fenêtre d’opportunité s’ouvrira, l’OSCE devra être prête.

Et elle le sera.

Ce que nous voulons encore faire

Mesdames et Messieurs les Parlementaires

Nous avons également engagé des réformes afin d’adapter notre organisation aux défis actuels, notamment en réfléchissant à l’avenir des missions de terrain.

J’ai d’ailleurs personnellement visité les missions de l’OSCE en Bosnie-Herzégovine et en Moldova – j’ai également prévu de me rendre en Asie centrale et dans le Caucase du Sud.

Car la crédibilité de l’OSCE ne se mesure pas uniquement à l’action de son siège.

Elle se mesure surtout à sa capacité d’agir sur le terrain.

Je veux toutefois être lucide : nous pouvons mieux faire.

Dans la seconde partie de sa présidence, la Suisse est déterminée à rendre l'OSCE et ses instruments plus efficaces.

Cela vaut notamment pour les missions d’observation des élections.

C’était précisément l'objet de la récente réunion dite « 2+2 » entre les présidences du Conseil de l'Europe et de l'OSCE ainsi que leurs Secrétaires généraux lors de ma visite à Chisinau en mai dernier.

L’Assemblée parlementaire de l’OSCE, tout comme celle du Conseil de l’Europe, joignent souvent leurs efforts à ceux de l’ODIHR. Cette diversité des regards est une richesse, mais peut parfois être un défi.

Ensemble, nous avons convenu de poursuivre nos travaux pour : davantage de complémentarités, moins de doublons et plus de valeur ajoutée entre nos deux organisations.

Votre rôle (en tant qu’assemblée parlementaire) sera fondamental pour permettre à nos organisations de gagner en efficacité.

Je compte sur vous pour accompagner les réflexions de la présidence suisse !

Mesdames et Messieurs

Depuis 6 mois la présidence suisse ne cherche pas à masquer les différences entre membres de l’Organisation. Elle cherche à préserver ce qui nous permet encore de les gérer sans escalade.

Dans les 6 prochains mois, nous poursuivrons notre travail pour préserver et faire vivre les acquis de notre organisation, certes imparfaite, insuffisante, mais unique.